Kafka s'y noierait...
Trois mois, trois « irrecevabilités », zéro examen : la médiation qui ne médie pas
J'ai saisi la Médiation de l'eau fin juin 2026. Erreur.
Mon dossier tient en quelques lignes. En mai 2025, juste après la relève de mon compteur, une tranchée creusée pour ENEDIS casse une canalisation d'eau devant chez moi. J'ai les photos et les vidéos. Un an plus tard, ma facture passe de 239 à 430 m³. Même maison, mêmes quatre personnes, aucune fuite constatée, et je n'ai hébergé aucune équipe de rugby. Je conteste par recommandé dans le délai légal et je demande la vérification du compteur. Mon fournisseur avait un mois pour répondre. Il en a mis presque deux, sans rien vérifier.
D'où la Médiation. Voici son travail, mois par mois.
Juillet : saisine « irrecevable », il manque une pièce. Je l'envoie.
Août : « irrecevable » encore. On me réclame une facture d'assainissement qui n'existe pas, puisque l'assainisseur facture avec un an de décalage.
Septembre : « irrecevable » toujours. Je dois maintenant écrire au « dernier recours » de l'assainisseur, à Saumur, et attendre deux mois. Dans le même courrier, la Médiation reconnaît que ma réclamation contre le fournisseur d'eau est conforme et que le dossier « pourrait être instruit » avec lui. Pourrait. Mais non.
À chaque fois, la même formule : saisine irrecevable et clôturée, mais « le dossier reste ouvert ». Fermé et ouvert à la fois. Schrödinger aurait adoré. À chaque fois, une pièce nouvelle, jamais la liste complète. À chaque fois, un mois de perdu.
Pendant ce temps, mon fournisseur a trouvé la parade. Puisque la Médiation est saisie, il m'écrit qu'il doit « interrompre les échanges ». Ça ne l'empêche pas de m'envoyer un rappel à quinze jours, avec menace de recouvrement par le Trésor public. La Médiation sert donc de prétexte au silence de celui dont je me plains.
Je ne suis pas un cas isolé. D'après son propre rapport 2025, la Médiation de l'eau a déclaré irrecevables 78 % des saisines reçues : 4 790 sur 6 152.
Le service est gratuit. C'est son juste prix.
Mon conseil : si vous avez un litige d'eau, ne perdez pas trois mois ici. Passez par votre protection juridique, un conciliateur de justice ou le tribunal.






